Soutien Des Cours Et Sous-Evaluation Des Introductions Sur Le Nouveau Marche - Economic Research Forum (ERF)

Cet article a été consacré à l’étude du degré de sous-évaluation de 135 entreprises introduites sur le Nouveau Marché de la Bourse de Paris. Une analyse statistique préliminaire, à travers les coefficients d’aplatissement et d?asymétrie, indique la présence d’une politique de soutien des cours par les intermédiaires qui s’affaiblit progressivement à partir de la première semaine. Pour affiner l’analyse, nous avons découpé l’échantillon en ‘introduction hot’ et en ‘introduction cold’. On observe que, contrairement à l’ensemble de l’échantillon, les rentabilités de l’échantillon ‘cold’ sont négatives et ont tendance à devenir d’autant plus négatives au fur et à mesure que la période de cotation s’allonge. En effet, les titres de l’échantillon ‘cold’ sont initialement soutenus par les intermédiaires qui cherchent à faire converger les rentabilités vers des valeurs positives. Toutefois, cette activité est limitée dans le temps et les rentabilités postérieures sont négatives. Ibbotson (1975) a été le premier à mettre clairement en évidence l?idée selon laquelle les introductions en Bourse réalisent des rentabilités initiales positives à l’introduction. Les études, qui ont succédé aux Etats-Unis et dans d’autres pays du monde, ont montré que ces rentabilités initiales positives ne sont pas spécifiques aux Etats-Unis mais constituent un phénomène d?une envergure internationale. La plupart des études théoriques attribuent ces rentabilités initiales positives à une sous-évaluation telles que celles de Baron (1982), Rock (1986), Allen et Faulhaber (1989), Grinblatt et Hwang (1989), Welch (1989), Tinic (1988), etc. Les premières explications théoriques justifiant l?hypothèse de sous-évaluation ont été l??uvre de Baron (1982) et de Rock (1986). Dans le modèle de Baron (1982), la sous-évaluation des titres des entreprises introduites est attribuée à l’asymétrie informationnelle entre la banque d?investissement et l?entreprise à introduire. La sous-évaluation découlerait, selon Rock (1986), de l?asymétrie informationnelle entre un groupe d’investisseurs informés et un groupe d’investisseurs non informés. Des travaux plus récents sur la sous-évaluation des titres des sociétés nouvellement introduites en Bourse tels que ceux de Allen et Faulhaber (1989), et de Grinblatt et Hwang (1989), suggèrent que la sous-évaluation produise un signal instructif sur la valeur intrinsèque de la firme qui s’introduit. D’autres explications, moins formalisées sur le plan théorique, ont été formulées dans la littérature financière pour expliquer le niveau de sous-évaluation Toutefois, d’autres chercheurs rejettent l’hypothèse de la sous-évaluation et soutiennent que les rentabilités initiales positives sont attribuées à des erreurs d?évaluation sur le prix d?introduction ou à des bulles spéculatives (Aggarwal et Rivoli (1990) et Ritter (1991)). Ruud (1993) rejette l’hypothèse de sous-évaluation en arguant que les titres sont correctement évalués et que ces rentabilités initiales positives sont la conséquence d’une politique de soutien des cours par les banques d’investissement. Pour ce faire, elle examine les rentabilités initiales de 463 entreprises introduites sur la Bourse de New-York entre 1982 et 1983. Elle a constaté, à partir de cet échantillon, que 25% des introductions ont une rentabilité initiale nulle et que la distribution des rentabilités présente un coefficient d’asymétrie positif (asymétrie à droite). De surcroît, 69% de ces introductions à rentabilité initiale nulle ont enregistré des rentabilités nulles ou négatives sur les quatre premières semaines de cotation. Rudd (1993) explique un tel résultat par le soutien apporté par les intermédiaires aux titres à faible rentabilité initiale. Nous présenterons, tout d?abord, le cadre théorique et les hypothèses à tester (I). Nous décrirons ensuite la méthodologie de recherche (II). Enfin, nous commenterons les résultats de l?étude menée sur le Nouveau Marché (III).

Research Fellows

Samy Bennaceur

Deputy Division Chief, IMF


Research Fellows

Samir Ghazouani

Full Professor of Econometrics, Busienss School of Tunis (ESCT), Manouba, Tunisia


Project

EVENTS

There are no Events PAST



Related Publications

Working Papers

Growth After War in Syria

Sharmila Devadas, Ibrahim Elbadawi and Norman V. Loayza

This paper addresses three questions: 1) what would have been the growth and income trajectory ... read more


Working Papers

A Risk-Hedging View to Refinery Capacity Investment

Hamed Ghoddusi and Franz Wirl

Should oil-rich members of OPEC invest in the oil refinery industry? This is a crucial ... read more


Working Papers

Between Stabilization and Allocation in the MENA Region: Are Competition Laws Helping?

Jala Youssef and Chahir Zaki

In the 1990s, many MENA countries relied on adjustment and stabilization programs offered by international ... read more